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Complications

Complications

Il n’y a malheureusement pas de chirurgie sans risques, mais la survenue d’une complication après une chirurgie thyroïdienne est relativement rare.  Les complications les plus fréquentes sont :

  • Un hématome du cou Un saignement postopératoire, en général dans les 12 heures qui suivent l’intervention, survient dans moins de 1% des cas. Son traitement peut nécessiter une reprise au bloc opératoire pour hémostase et drainage.
  • Une infection locale (abcès) Une infection du site opératoire, plusieurs jours après l'intervention, survient dans moins de 1% des cas. Son traitement peut nécessiter un drainage sous anesthésie locale ou générale et un traitement par antibiotiques.
  • Une paralysie récurrentielle

Le nerf récurrent (ou nerf laryngé inférieur) est étroitement lié à la face profonde de chaque lobe thyroïdien; il existe donc un nerf récurrent de chaque côté, correspondant à chaque corde vocale. Une paralysie d’un des nerfs (exceptionnellement des deux) peut survenir de manière imprévisible après chirurgie thyroïdienne, malgré une technique chirurgicale minutieuse. La paralysie unilatérale se manifeste par une modification de la voix et par des difficultés pour augmenter l’intensité de la voix et peut s’accompagner de difficultés respiratoires à l’effort et/ou des troubles pour avaler, notamment des aliments liquides. Cette paralysie est transitoire dans l’immense majorité des cas, récupérant dans les 4 à 12 semaines, mais les troubles de la voix peuvent persister jusqu’à 6 voire 12 mois. Un paralysie définitive survient dans moins de 1% des cas.

  • Une hypoparathyroïdie

 

Il existe 4 glandes parathyroïdes, 2 de chaque côté, étroitement liées à la glande thyroïde et responsables de la régulation du taux de calcium dans le sang. L’ablation de la glande thyroïde peut nécessiter la dissection, le déplacement voire la réimplantation d’une ou de plusieurs des glandes parathyroïdes. Une thyroïdectomie totale peut donc entraîner un dysfonctionnement réactionnel de ces glandes avec une baisse du calcium dans le sang (calcémie), le plus souvent transitoire durant 1 ou 2 mois. Une baisse transitoire de la calcémie est relativement fréquente (25 à 30% des thyroïdectomies totales) mais elle persiste rarement au delà de 1 an (moins de 1% des cas).

Une mesure postopératoire de la calcémie, par une prise de sang lors de l’hospitalisation, est systématique après une thyroïdectomie totale (mais non après lobectomie simple). Un traitement par comprimés de vitamine D et/ou de calcium peut être nécessaire, mais généralement seulement pendant quelques semaines ou mois.

  • Une lymphocèle La dissection latérale du cou peut se compliquer d’une collection de liquide, notamment dans la région juste au-dessus de la clavicule, pouvant nécessiter des ponctions ou un drainage.
  • des douleurs du cou et/ou de l’épaule et des difficultés à la mobilisation du bras. La dissection du nerf spinal accessoire à la partie haute du cou peut  entraîner des douleurs du cou et/ou de l’épaule et des difficultés à la mobilisation du bras. Ces troubles sont généralement régressifs en quelques mois, mais peuvent nécessiter une prise en charge en kinésithérapie.

 

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L’hospitalisation, l’anesthésie, l’opération

L’hospitalisation, l’anesthésie, l’opération

En ce qui concerne l’hospitalisation, nous vous demandons, sauf cas particulier, de venir la veille de l’intervention, dans l’après-midi.

Auparavant, vous serez passé au service des admissions prendre vos papiers d’entrée.
Si vous possédez des documents médicaux concernant votre état de santé actuel ou antérieur, nous vous serons reconnaissants de les apporter avec vous. La dernière échographie thyroïdienne est souvent très utile pour votre chirurgien.
Avant l’intervention vous aurez, seulement si l’Anesthésiste l’a jugé si nécessaire, quelques prises de sang, un électrocardiogramme, une radiographie pulmonaire.

Vous serez opéré en principe le lendemain de votre admission.
L’intervention durera entre une et deux heures et nécessite une anesthésie générale, sauf exception. Dans la mesure où vous ne présentez pas de problème de santé majeur, il s’agit d’une intervention sans risque vital important.
Vous pourrez vous alimenter dès que les effets de l’anesthésie se seront atténués, c'est-à dire le soir même de l’intervention ou le lendemain matin si vous étiez nauséeux.
Nous vous demanderons de vous lever et de marcher dès le lendemain de l’intervention, d’éviter de croiser vos jambes lorsque vous êtes assis, et de ne mettre qu’un oreiller lorsque vous êtes couché afin de ne pas avoir le cou trop fléchi et ainsi pour vous permettre de bien tousser et de cracher si vous en ressentez le besoin.

Vous quitterez le service d’hospitalisation en principe le lendemain ou le surlendemain (1er ou 2ème jour postopératoire) de l’intervention sans agrafes, sans drain.
En quittant le service, l’infirmière vous transmettra :

  •  Vos papiers administratifs de sortie
  •  Les modalités d’un traitement antalgique et hormonal éventuel
  •  Un arrêt de travail si nécessaire
  •  Un bon de transport si nécessaire
  •  Un rendez-vous

Pendant les 24 premières heures suivant l’intervention, vous aurez l’impression d’avoir une grosse angine vous gênant pour parler et avaler. Vous aurez également mal au niveau de la cicatrice, mais rapidement ces troubles vont disparaître. Pendant cette période qui dure habituellement quelques jours, prenez les antalgiques qui vous ont été prescrits à votre sortie. Vous pouvez en effet souffrir au niveau de votre cou (surtout si vous avez déjà une arthrose), dans la poitrine derrière le sternum et avoir mal à la tête. Ceci s’explique par la position dans laquelle vous serez opéré (tête légèrement en arrière). Parfois, vous ressentirez également des douleurs au niveau des oreilles, comme dans une otite. En général, tous ces troubles disparaissent en quelques jours.

Consultation postopératoire. Nous vous reverrons une fois en consultation à la fin de votre convalescence et en principe vous n’aurez besoin d’aucune autre consultation avec nous. Une surveillance par votre médecin traitant ou votre endocrinologue est par contre indispensable.
Si vous avez quitté le service d’hospitalisation avec une ordonnance pour un traitement hormonal, une autre ordonnance vous sera remise pour un prélèvement de sang à effectuer quelques semaines plus tard et dont vous montrerez le résultat lors de votre consultation postopératoire.
Lors de cette consultation, nous vous remettrons, si vous le souhaitez, votre compte rendu opératoire, le résultat de l’analyse de votre thyroïde et le compte rendu de votre hospitalisation.

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Les suites opératoires et complications

Les suites opératoires et complications

Elles sont habituellement très simples

La cicatrice

Vous conserverez bien sûr une cicatrice qui, pendant quelques semaines, sera assez visible, parfois entourée d’un oedème (gonflement), surtout au-dessus. Cet oedème est tout à fait normal. Il s’accentue souvent à partir des 3ème ou 4ème jours postopératoires, c’est-à-dire après votre retour à domicile. L’œdème postopératoire est caractéristique de toute cicatrice, mais probablement plus visible au niveau du cou...
Vous pouvez réduire rapidement cet œdème et assouplir vous-même votre cicatrice par des petits massages circonférentiels à débuter lorsqu’elle n’est plus douloureuse. Dans tous les cas, ne mettez pas de pommade avant le 10ème jour.
Vous ne devez pas mouiller la cicatrice pendant quelques jours, et vous devez éviter les semaines suivantes le contact avec des vêtements en tissu synthétique ainsi que l’utilisation de produits de beauté colorés. Enfin, le soleil pouvant entraîner une pigmentation permanente, il est recommandé pendant plusieurs mois d’utiliser un écran total.
Après quelques mois, si vous cicatrisez bien, on ne verra que très peu votre incision. Il ne faut pas s’inquiéter de l’aspect de la cicatrice dans les premiers jours voire dans les premières semaines, car l’aspect définitif (cicatrice quasi invisible) n’est attendu qu’à partir de plusieurs mois.
Une formation de cicatrices dites « chéloïdes » peut rarement se produire. Elles peuvent être améliorées par une prise en charge spécifique.


Gêne cervicale

Pendant toute votre convalescence (d’une durée d’un mois au maximum) et peut être pendant un peu plus longtemps, vous pourrez garder une petite gêne pour avaler, une voix un peu enrouée. Ces troubles disparaîtront par la suite.


Les risques opératoires

N’oubliez pas qu’ils sont très faibles et qu’ils dépendent de facteurs variés : la pathologie opérée (les risques sont accrus en cas de réintervention, d’hyperthyroïdie ou de cancer étendu), vous-même (si vous prenez des médicaments susceptibles de faire saigner par exemple), et bien sûr le chirurgien, plus il est expérimenté, moins le risque est élevé.

Certains risques sont communs à tout acte chirurgical : hématome superficiel ou infection de la cicatrice (moins de 0.5%)


D’autres sont plus spécifiques à la chirurgie de la thyroïde

Hématome compressif du cou imposant une réintervention en urgence (moins de 1%)


Les troubles de la voix

Contrairement à une opinion répandue, vous ne devriez garder à distance aucun trouble pour parler. Si votre voix change après l’intervention, ceci ne sera généralement que transitoire. Dans quelques cas, il est cependant nécessaire de faire quelques séances de rééducation de la voix. Les troubles graves et définitifs sont exceptionnels (moins de 1%).
Les troubles de la voix sont dus à la chirurgie au voisinage du nerf de la voix ou à une inflammation du larynx (résultat de l'irritation causée par le tube anesthésique). En cas d’altération vocale marquée, un examen laryngoscopique est demandé à nos confrères ORL à la recherche de la paralysie d’une corde vocale. Les symptômes vocaux disparaissent en quelques semaines ou quelques mois. La récupération peut être accélérée par la prescription de quelques séances de rééducation auprès d’une orthophoniste. Ceci est cependant rarement nécessaire. Une atteinte du nerf récurrent
peut parfois causer une raucité ou une faiblesse de la voix plus tenace: ceci est cependant un événement rare et évitable. Occasionnellement, lorsqu'il y a un cancer, le nerf récurrent est détruit, envahi par le cancer. Dans ces cas, la perte du nerf est inévitable si on veut enlever complètement la tumeur. En cas d’atteinte du nerf récurrent, une dyspnée (gêne respiratoire, notamment à l’inspiration et à l’effort), ou des troubles de la déglutition (fausses routes alimentaires faisant tousser, en particulier lors de la prise de boissons) peuvent coexister avec les
troubles de la voix. Tous ces troubles régressent en même temps dans la plupart des cas.
Les paralysies bilatérales sont exceptionnelles (moins de 1 pour 1000 interventions).
Ces complications graves peuvent avoir pour conséquence une réintubation pendant quelques jours, voire la confection d’une trachéotomie transitoire ou d’un geste ORL afin d’élargir l’espace entre les deux cordes vocales.


Une chute du calcium dans le sang (« hypocalcémie »)

Parfois, et seulement si l’intervention a porté sur les 2 côtés de la thyroïde (thyroïdectomie totale, subtotale ou quasitotale), il se produit une baisse du taux de calcium dans le sang qui entraîne quelques troubles, notamment des fourmillements autour de la bouche, dans les mains et les pieds. Généralement, tout rentre dans l’ordre en quelques jours ou en quelques semaines, spontanément ou après administration transitoire de calcium par la bouche. Ce n’est que dans environ 1% des cas que du calcium devra être prescrit à vie.
Ceci est dû au fait que des petites glandes parathyroïdes (au nombre de quatre, chacune mesurant seulement 4 à 6 millimètres de grand axe), intimement accolées à la glande thyroïde, doivent transitoirement récupérer de la dissection minutieuse que fera le chirurgien pour les préserver (en cas d’impossibilité anatomique de dissection, le chirurgien pourra même aller jusqu'à vous les retransplanter dans un muscle du cou pour diminuer les risques d’hypocalcémie prolongée).

Au total les risques existent, mais ils sont très faibles et les complications définitives ne se rencontrent que chez moins de 2% des patients opérés. Même lorsqu’elles ne récupèrent pas ces complications sont toujours soignables, parfois au prix d’un traitement à vie (calcium et vitamine D pour les hypocalcémies) ou d’une rééducation de la voix.