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Dérivation bilio-pancréatique avec duodenal switch

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Dérivation bilio-pancréatique avec duodenal switch

Technique restrictive et malabsorptive : cette technique complexe permet de limiter la quantité d’aliments ingérés et l’assimilation de ces aliments par l’intestin.
La taille de l’estomac  est réduite par gastrectomie et l’intestin grêle divisé en deux parties .
L’estomac est raccordé à la partie servant à véhiculer les aliments jusqu’au gros intestin.
La partie, qui sert à transporter les sécrétions digestives du foie et du pancréas, est raccordée à la fin de l’intestin grêle . Ainsi, les aliments ne sont digérés par les sucs digestifs et assimilés que sur une courte portion de l’intestin grêle de 100cm  avant la  terminaison de celui-ci : c’est « l’anse commune » ;
l’essentiel des aliments passent directement dans le gros intestin sans être absorbés.
Cette technique est réservée aux patients avec IMC ≥ 50 kg/m2 et/ou après échec d’une autre technique. Elle doit être pratiquée par une équipe spécialisée dans sa réalisation.
La perte de poids attendue est de l’ordre de 75 à 80 % de l’excès de poids, ce qui correspond à une perte de poids d’environ 60 à 65 kg. Le recul sur ces résultats est de 25 ans.
La durée de l'intervention est de 4 à 5 heures, la durée de l'hospitalisation est de 8 à 10 jours, la mortalité est de 1 %.
Le risque de complication est estimé à 10-13% :

•    risque important de carences nutritionnelles (en protéines et en vitamines) ;
•    risque important de malabsorption de médicaments ; La malabsorption induite par l’opération nécéssite la prise de vitamines ad vitam : vitamines A, B9, B12, D et oligo-éléments : Calcium, Fer. Le plus souvent cela représente 4 comprimés par jour. Les posologies sont adaptées en fonction du bilan sanguin réalisé tous les 3 mois la 1ère année qui suit l’opération , tous les 4 à 6 mois la 2ème année et tous les 6 mois à 1 an ensuite.
•    complications fonctionnelles : diarrhée, selles malodorantes ;
•    complications chirurgicales : ulcère, fuites ou rétrécissement au niveau de la jonction entre l’estomac et l’intestin, hémorragies, occlusion de l’intestin.


Ces techniques sont réalisées au Centre Hospitalier avec actuellement une  tendance à privilégier la gastrectomie en manchon ("Sleeve" gastrectomie) , le by-pass et depuis peu  mini by-pass .

Ces techniques doivent être réalisées à bon escient en fonction de chaque patient. Chacune comporte des risques (y compris un risque de mortalité) et le patient doit être prêt, déterminé, et doit avoir suivi toutes les recommandations de l'équipe pluridisciplinaire

Résultats des différentes techniques en 2010 

Anneau gastrique Dérivation bilio-pancréatique avec duodenal switch Risque mineur, perte de 40 à 60% de l'excès de poids, risque de DC de 1/1000, complications tardives, ajustable, réversible, comprend du matériel implantable, court séjour a l'hôpital, arrêt de travail de 15 jours, technique utilisée depuis 1991.
Gastrectomie en manchon (Sleeve gastrectomy) Risque moyen, perte de 50 à 60% de l'excès de poids, risque de DC de 1/500, complications précoces, pas ajustable, non réversible, pas de matériel implantable, court séjour à l'hôpital, arrêt de travail de 15 jours, technique utilisée depuis 2000.
By-pass gastrique Risque plus important, perte de 50 à 70% de l'excès de poids, risque de DC de 1/100, complications précoces ou tardives, non ajustable, non réversible (sauf mini by pass), pas de matériel implantable, séjour à l'hôpital de 3 à 5 jours, arrêt de travail de 1 mois, technique utilisée depuis les années 60.

 

 

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Le déroulement de l'intervention et post intervention

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La préparation

Cette phase de préparation est indispensable et nécessite un véritable engagement de votre part. Durant plusieurs mois, vous allez rencontrer différents professionnels, membres d’une équipe pluridisciplinaire:
chirurgien,
 
- nutritionniste, endocrinologue : pour un examen clinique et bilan biologique complet , diabète, thyroïde, surrénale, maladie du foie, de recherche de carences en fer, oligoéléments, et vitamines ; et instituer une correction si nécessaire,
 
- diététicienne pour décoder le mode alimentaire du patient, corriger, équilibrer, déculpabiliser, et instituer une ration fractionnée suffisamment protéinée, ainsi qu’une hygiène de vie avec activité physique, lors de 4 à 6 consultations,
 
- anesthésiste, avec évaluation des risques thrombo-emboliques,
 
- gynécologue : pour décider d’une contraception par implant ou stérilet, pour une mammographie de dépistage chez les patientes de plus de 50 ans.
 
- un psychiatre afin de vous proposer, si besoin, une prise en charge psychothérapeutique (traiter une dépression, stabiliser des troubles de l’humeur, éliminer une psychose ou schizophrénie qui peuvent être des contre-indications à cette chirurgie, évaluer l’isolement , la difficulté de vie du patient),
ou psychologue pour coter par tests d’échelles : anxiété, dépression, boulimie ou autres troubles compulsifs, qualité de vie,
qui vont vous informer et vous examiner. Ils vont également vous prescrire différents examens pour rechercher des comorbidités c'est-à-dire des maladies ajoutées:

  • prises de sang,
  • endoscopie oesogastroduodénale pour diagnostiquer une éventuelle hernie hiatale, un ulcère, la présence d’ hélicobacter pylori,
  • et s’il ya des antécédents familiaux de cancer colorectal : une colonoscopie,
  • radiographie pulmonaire et transit gastro-duodénal,
  • évaluation de la fonction respiratoire syndrome d’apnées du sommeil surtout s’il y a des ronflements , une insuffisance respiratoire restrictive ou autres troubles respiratoires
  • évaluation de la fonction cardiaque, troubles cardiaques, recherche de maladie coronarienne ou d’autres artères
  • test de grossesse, évaluation bucco-dentaire.

Ceux-ci ont pour buts de réaliser :

  • un bilan complet de l’obésité et de votre état de santé afin de traiter, si ce n’est déjà fait, les affections dont vous souffrez (carences nutritionnelles ou vitaminiques, diabète, hypertension artérielle, hypercholestérolémie, troubles cardiaques, syndrome d’apnées du sommeil ou autres troubles respiratoires, troubles articulaires, etc.)
  • un bilan de votre activité physique et de vos habitudes alimentaires ;
  • une information sur la grossesse et la contraception pour les femmes en âge d’avoir des enfants.

Durant cette phase de préparation, il est utile de rencontrer des patients déjà opérés.
 Entre temps le patient peut participer au groupe de parole dans le service.
 
 La discussion décisionnelle se fait à partir de tous ces éléments médicaux, de façon collégiale, en présence de chirurgiens, nutritionnistes, endocrinologues, psychiatres , psychologues et diététiciennes.
 
 Un dossier peut être mis en attente : le patient n’étant pas prêt sur le plan nutritionnel, ou bien présentant une maladie ou difficulté psychiatrique mal stabilisée.
 
Si l’option chirurgicale est accordée, la discussion s’établit autour du type de chirurgie :
- chirurgie restrictive pure : anneau gastrique ajustable, sleeve gastrectomie,
- chirurgie mixte restrictive et malabsorptive : by pass, dérivation bilio pancréatique avec ou sans duodénal Switch, Selon :
     -    l’âge du patient,
     -    ses pathologies (By pass ou Dérivation bilio-pancréatique chez le diabétique),  
     -   ses antécédents chirurgicaux
     -   son BMI (dérivation bilio-pancréatique chez l’obèse de plus de 50 de BMI),  
     -   son mode de vie (contraintes liées aux différentes techniques)
     -  le désir de grossesse ou non…
 
 La demande d’entente préalable chirurgicale est alors adressée à la sécurité sociale.
 Le patient décide avec le chirurgien.
 
Une aide pour manger mieux et bouger plus !
Très tôt, avant même l’intervention, vous devez prendre de nouvelles habitudes alimentaires et
réfléchir à une activité physique adaptée à votre état de santé, à vos goûts et à vos possibilités.
Les professionnels de santé (médecins, diététiciens, infirmières, kinésithérapeutes) sont là pour
vous aider et vous proposer différentes activités éducatives, individuelles ou collectives : ateliers
de cuisine, repas pris en commun, programmes d’activité physique…

La décision

À l’issue de la phase préparatoire, l’équipe pluridisciplinaire rend un avis qui peut être de trois ordres :

  •  l’intervention est envisageable. L’équipe vous donne alors plus d’informations sur la technique opératoire choisie. Si vous êtes décidé(e) à vous faire opérer, une date d’intervention vous est proposée et une demande d’entente préalable est adressée à votre caisse d’assurance maladie (en savoir plus : www.ameli.fr).
  • votre préparation à l’intervention n’est pas suffisante. Vous devez vous engager dans une préparation complémentaire. À son terme, l’équipe pluridisciplinaire réexamine votre demande et rend un nouvel avis.
  • la chirurgie n’est pas envisageable dans votre cas. L’équipe pluridisciplinaire vous en explique les raisons et vous propose une autre prise en charge non chirurgicale .

 

L’intervention et l’hospitalisation

Le patient est pesé la veille de l'intervention et les prescriptions de kinésithérapie et d'examen radiologique sont préparés. La mobilisation précoce et les exercices respiratoires sont essentiels a une bonne récupération post-opératoire. Le chirurgien prépare une demande d'examen radiologique (TOGD ) pour la vérification post-opératoire de l'absence de fuite ou d'anomalie du montage.

L’intervention est réalisée sous anesthésie générale, généralement par coelioscopie (petits trous). Cette technique est recommandée car elle limite la douleur et permet de retrouver une activité normale plus rapidement. Dans certains cas, au cours de l’intervention, pour des raisons de sécurité, il est parfois nécessaire d’ouvrir l’abdomen (laparotomie).

Après l'intervention chirurgicale, le patient sort du bloc et reste une à deux heurs en salle de réveil  sans sonde gastrique ni urinaire. Il a une perfusion et un drain abdominal. A son réveil, le patient a une perfusion. Pour les patients les plus fragiles un séjour en réanimation est préconisé. La surveillance en salle de réveil est plus ou moins prolongée en fonction du patient.

Le lendemain de l'intervention, le patient est levé avec l'aide des soignants. Il est prévu des aérosols pour améliorer votre respiration et une kinésithérapie respiratoire et mobilisatrice à l’aide du kinésithérapeute.Le patient peut boire un peu d’eau. En cas de nausées et vomissements surtout après une sleeve, un traitement adapté est prévu. Comme toute intervention sur l’abdomen, les suites opératoires peuvent être douloureuses. Des médicaments contre la douleur vous sont donnés si besoin.

Après 2-3 jours, l'examen radiologique de vérification du montage est réalisé à J2 ou J3. En l'absence d'anomalie radiologique, le drain est retiré ,une alimentation légère est autorisée. L'alimentation est élargie par la suite selon un protocole interne au service. La diététicienne va suivre au jour le jour l'alimentation légère et mixée fournie au patient. Une feuille d'alimentation est fournie au patient qu'il doit remplir lui même.
La durée de l’hospitalisation varie de 2 à 8 jours en fonction du type d’intervention et de l’état général de la personne. Elle peut être prolongée si des complications surviennent après l’intervention.
Dans ce cas, votre chirurgien peut décider de vous réopérer en urgence.

La sortie du service est organisée le lendemain après pose d'anneau gastrique , 4 jours d'hospitalisation . après  une sleeve gastrectomie ou by-pass. L'arrêt de travail est de un mois en général ( deux à quatre semaines). Le traitement préventif des ulcères gastriques qui aide à la cicatrisation de l'estomac est prescrit pour une durée de 2 mois  ainsi qu’une supplémentation en vitamines.Un traitement anticoagulant avec contrôle des plaquettes est prescrit pour trois à quatre semaines.Lors de la sortie, les modalités du suivi seront expliquées au patient et les différents rendez vous seront pris.

L'alimentation à domicile sera fractionnée et moulinée (voire  liquide au début) pendant  quatre à six semaines puis uniquement fractionnée selon les consignes données par la diététicienne.


Se faire opérer, c’est s’engager !
L’alimentation après l’intervention

Après l’intervention, vous mangez des aliments dont la consistance est modifiée : d’abord liquide puis sous forme de purée. Progressivement, vous retrouvez une alimentation solide. Pour ne pas avoir de mauvaises surprises (vomissements, douleurs…), il est très important de suivre les conseils diététiques.

De nouvelles habitudes alimentaires !

Vous devez maintenant, et pour toute la vie :

conserver vos nouvelles habitudes alimentaires ,les principales consignes à respecter sont:

  • ingérez de petites quantités à chaque repas et mastiquez lentement ;
  • prenez vos repas assis et dans le calme ;
  • arrêtez-vous de manger dès les premiers tiraillements digestifs et dès que vous n’avez plus la sensation de faim (satiété) ;
  • ne buvez pas en mangeant (mais suffisamment entre les repas) ;
  • mangez équilibré et varié pour éviter les carences nutritionnelles et augmenter les chances de perdre du poids ;
  • conservez un apport suffisant en protéines (viandes, poissons, oeufs, produits laitiers)
  • évitez les boissons gazeuses, les boissons sucrées, les sauces et les fritures, ainsi que les sucreries et les aliments gras : leur consommation risque de compromettre la perte de poids
  •  Fractionner les repas (ajouter deux collations à 10h et 16h)
  • Favoriser les apports protidiques au dépend des graisses et des sucres


Ces nouvelles habitudes alimentaires seront adaptées à votre cas au fil du temps. Elles sont parfois contraignantes mais elles n’empêchent pas d’avoir une vie sociale (repas entre amis, au restaurant) et du plaisir à manger.

et pratiquer une activité physique régulière et adaptée à votre cas , Un exercice modéré et raisonnable . En règle générale, l'exercice doit être adapté à chaque patient selon ses goûts et ses capacités. le sport fait peu maigrir, mais il vous permet de stabiliser votre baisse de poids.

  • Marcher, Monter les escaliers. Le premier mois post opératoire il est préférable de reprendre son activité progressivement. Pendant la période d'arrêt de travail, une marche de 30 à 45 minutes est recommandée, si possible, matin et soir. Les déplacements à pied sont bénéfiques au cours de la journée en plus des deux sorties plus longues. Un effort physique plus soutenu (monter des escaliers) est possible après une dizaine de jours.
  • Nager. Les bains ne sont possibles en piscine qu'a partir de 21 jours après l'intervention. Avant, la cicatrisation cutanée n'est pas terminée et l'eau peut avoir un effet creusant sur la plaie.
  • Favoriser un exercice doux..Les programmes de Fitness adaptés au patients en surpoids sont conseillés en évitant un exercice physique trop intense. Il est préférable de commencer doucement et de répéter l'exercice plusieurs fois par jour....et prolongé
  • L'activité idéale est la marche. trouvez des moments pour marcher chaque jour. Descendez des transports en commun une ou deux stations avant l’arrivée, garez vous à quelques kilomètres de votre lieu de travail, prenez l'escalier quand vous avez peu d'étages à monter....Achetez un podomètre dans un magasin de sport , petit appareil qui compte vos pas et qui se fixe à la ceinture. Essayez de faire 10 000 à 12 000 pas par jour. Cette reprise de l’activité physique doit être très progressive. Plus vous perdrez du poids, plus cela vous semblera facile, profitez en pour augmenter la durée de votre activité physique.
  • Il faut savoir que les graisses sont utilisées qu'à partir de 30 minutes d'exercice (avant les sucres rapides servent à l'effort). Tout exercice au delà des 30 minutes est donc très profitable en terme de perte de poids. L'effort a également un effet "satiétogène" c'est à dire que votre appétit sera diminué par l'exercice.
  • Les séances de Kinésithérapie. Pour faciliter et accélérer la récupération, le chirurgien peut être amené à vous prescrire des séances de kinésithérapie motrice. Ces exercices contribuent à restaurer le capital musculaire du patient et sont possibles dès la deuxième semaine post opératoire.

    La prescription est en général de 3 séances hebdomadaires pendant un à deux mois. Le kiné joue alors le rôle d'un "coach" sportif et peut conseiller efficacement le patient pour tout ce qui concerne l'activité physique. Après la disparition des douleurs abdominales, une rééducation de la sangle abdominale pourra être débutée. Ces séances contribuent à raccourcir la durée d'arrêt de travail des patients et à permettre une reprise d'activité plus rapide pendant la phase d'amaigrissement.
  • Le recours a des centres spécialisés en réadaptation nutritionnelle. Certains centres ont acquis, devant la recrudescence de l'obésité, des compétences en nutrition plus particulièrement orientés vers les patients obèses qui ont recours à la chirurgie.

Dès les premières semaines après l’intervention

Chez la plupart des patients :

  • le poids diminue : la perte est rapide les premiers mois puis elle ralentit. Généralement, elle est maximale au bout de 12 à 18 mois. Au-delà, une reprise de poids modérée est possible ;
  • les affections associées à l’obésité régressent (ex. : diabète). Le traitement du diabète sera allégé très rapidement avant même l’amaigrissement  dans         les chirurgies mixtes, Le traitement de l’hypertension artérielle sera modulé , celui des maladies  thyroïdiennes      surveillé.
  • consultation pneumologique car rapidement la plupart des patients peuvent se passer de l’assistance ventilatoire,
  • mise en route d’une rééducation musculaire globale, à sec ou en piscine, et par une activité physique quotidienne, afin de maintenir un index de musculaire  supérieur  à 9 chez la femme, 11 chez l’homme.
  • consultation psychiatrique ou réévaluation psychologique : en effet cette métamorphose corporelle induit un changement de vie, de place au regard des autres et un questionnement sur la propre identité du patient, il passe du trop à autre chose qui peut être du plaisir mais aussi du trop peu ou du manque ; une bascule psychique est à surveiller.
  • participation au groupe de parole: pour un accompagnement dans ce changement parfois euphorique au début, difficile ensuite, pour trouver d’autres moyens d’exister, pour accepter d’autres bénéfices, 
  • bien sûr consultations chirurgicales, post opératoires et annuelles.

être suivi(e) régulièrement par l’équipe pluridisciplinaire qui a réalisé l’intervention, en liaison avec votre médecin traitant (au moins 4 consultations la première année avec un membre de l’équipe pluridisciplinaire puis au moins une consultation par an). Ces rendez-vous ont 6 objectifs principaux :

  • évaluer votre perte de poids ;
  • Vérifier que vous êtes en bonne santé, repérer et prendre en charge les éventuelles complications chirurgicales et carences nutritionnelles qui peuvent survenir très tôt après l’intervention ou plus tardivement ;
  • adapter, si besoin, les traitements que vous prenez : certains médicaments peuvent être moins bien ou plus du tout assimilés après intervention malabsorptive alors que d’autres peuvent ne plus être nécessaires à plus ou moins court terme grâce à l’amaigrissement obtenu ;
  •  vérifier que vous vous êtes bien adapté(e) aux nouvelles habitudes alimentaires et d’activité physique, et vous aider à résoudre les difficultés quotidiennes ; dépister les éventuels problèmes psychologiques liés au changement du corps et vous proposer, si besoin, un suivi adapté ;
  • La perte de poids modifie le corps et son apparence : cela peut entraîner un bouleversement psychologique plus ou moins facile à gérer. Une période d’adaptation au changement est normale et nécessaire pour vous-même et votre entourage. Si vous le souhaitez ou si votre médecin l’estime indispensable, vous pouvez être aidé(e) par un psychologue ou un psychiatre.
  • vous proposer, si nécessaire, une intervention de chirurgie réparatrice pour supprimer l’excès de peau qui persiste à certains endroits après avoir maigri (seins, ventre, bras et cuisses) ;

dans la plupart des cas, prendre chaque jour des suppléments en vitamines, en minéraux et en oligoéléments (par voie orale ou parfois, par injection).


Ne pas prendre ces suppléments peut provoquer des carences nutritionnelles et des complications neurologiques graves. Il est conseillé de réaliser régulièrement un bilan biologique nutritionnel et vitaminique.

N’oubliez pas de signaler à tous les médecins que vous serez amené(e) à rencontrer que vous avez bénéficié d’une intervention chirurgicale de l’obésité.

 

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Questions- Réponses,Conseils et Suivi médical

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Puis-je avoir un enfant après avoir été opérée ?

Oui. La grossesse est possible après une intervention de chirurgie de l’obésité. Dans ce cas, un suivi nutritionnel très régulier est nécessaire, depuis le désir de grossesse jusqu’à plusieurs mois après l’accouchement. Néanmoins, par précaution, il est recommandé d’attendre que le poids soit stabilisé (12 à 18 mois après l’intervention) et que l’état nutritionnel soit vérifié avant d’envisager une grossesse. Différentes méthodes de contraception peuvent être utilisées durant cette période. Parlez-en à votre médecin, il vous donnera des conseils.

voir article sur grossesse après Sleeve gastrectomie


L’Assurance maladie rembourse-t-elle l’intervention ?

Oui. L’Assurance maladie rembourse les frais liés à l’intervention et à l’hospitalisation dès lors qu’elle a donné son accord à la demande d’entente préalable.
En revanche, l’Assurance maladie ne prend pas en charge certains suppléments vitaminiques (multivitamines par exemple ; coût : 9 à 25 euros par mois), la plupart des suppléments protidiques, les consultations des psychologues et des diététiciens libéraux, certains actes de biologie (par exemple dosage de vitamine B1) et certains actes de chirurgie réparatrice. Parlez-en à votre chirurgien et renseignez-vous auprès de votre caisse d’assurance maladie et, éventuellement, de votre mutuelle.


Certains médicaments sont-ils à éviter ?

Oui. Les médicaments toxiques pour l’estomac (aspirine, anti-inflammatoires, corticoïdes) sont à éviter dans la mesure du possible.
Avant toute prise de médicament, vous devez consulter votre médecin et lui rappeler que vous avez bénéficié d’une chirurgie de l’obésité.


Si je ne perds pas suffisamment de poids, que dois-je faire ?

Il faut consulter l’équipe pluridisciplinaire qui vous a opéré(e) afin d’identifier la cause et de la prendre en charge grâce à des séances d’éducation diététique ou à l’activité physique ou grâce à une psychothérapie (mauvaises habitudes alimentaires, difficultés psychologiques) ou grâce à une nouvelle intervention (problème sur le montage chirurgical).

Pratiquons-nous la chirurgie réparatrice chez les patients opérés dans notre service ?

La chirurgie réparatrice concerne la redondance cutanée au niveau de plusieurs parties du corps: les cuisses, l'abdomen, les bras, les seins, etc. Parfois, des opérations (Bodylift) plus élaborées, sont nécessaires.
dans le service, on pratique la plastie abdominale (dermoplipectomie). les autres interventions  de chirurgie réparatrice, on oriente le patient vers un confrère chirurgien plasticien.


Quelques conseils sur votre façon de manger:

Adapter la texture des aliments
La façon de reprendre son alimentation après l'intervention est importante pour le résultat à long terme. Une alimentation liquide est proposée au début pendant quelques jours puis une alimentation semi-liquide puis mixée et enfin moulinée avant de reprendre une alimentation normale. En cas de difficulté d'alimentation, ne pas hésiter à "retrograder", c'est à dire a repasser à une alimentation mixée voir même liquide. Dans ce cas une prescription d'oméprazole peut aider à retrouver un meilleur confort digestif.

Manger lentement
La façon de s'alimenter est aussi importante que ce que vous mangez. Il faut manger lentement et calmement pendant une période minimale de 45 minutes le midi et de 30 à 40 minutes le soir.

Fractionnement des repas
lorsque l'alimentation est insuffisante. Ce n'est pas du grignotage vrai mais plutôt un qui fait passer de 3 repas à 6 "petits" repas.

Ne pas vomir
Le patient opéré ne doit pas lutter contre la limitation gastrique par une prise alimentaire supplémentaire ce qui est souvent responsable de douleur. Les vomissements sont susceptibles d'abîmer le montage chirurgical. Le patient ne doit, en aucun cas, se faire vomir.

Accepter une restriction alimentaire radicale
La quantité admise pour le repas est celle que mangerait un enfant de 3 ans. Tous les patients éprouvent une réelle difficulté à accepter une telle contrainte. Cependant ce "mal est nécessaire" et les choses s'améliorent avec le temps. Il est aussi important de ne pas se coucher après le repas. La position allongée ralentie la vidange de l'estomac et crée un inconfort.

L'exercice physique est le moyen le plus approprié de négativer la balance énergétique et donc de perdre du poids.

Le suivi médical est indispensable après une intervention bariatrique .


La pesée
Pendant la première année, le patient doit se peser régulièrement mais pas trop souvent. Une fois par semaine est un rythme correct. Il est utile de rencontrer des patients et de bénéficier de leurs conseils pendant cette période. La perte pondérale est variable d'un patient à l'autre et soumise à des paliers qui sont parfois inexplicables. La rapidité de perte de poids dépend de beaucoup de facteurs comme le poids de départ, le sexe, le métabolisme et la masse musculaire.

La pression artérielle
Elle doit être régulièrement surveillée par votre médecin traitant. Il est même possible de vous acheter le matériel pour la surveiller à domicile et ce d'autant que vous avez tendance à l'hypertension artérielle. N'hésitez pas a vous faire conseiller par votre médecin traitant ou votre spécialiste.


Les vitamines

Vitamine D (et Calcium) La vitamine D est indispensable à la formation des os. En cas de déficit, des douleurs osseuses peuvent survenir en rapport avec une déminéralisation (baisse de la densité osseuse). Cette vitamine manque souvent avant l'intervention. Il faut alors supplémenter le patient avant l'intervention. C'est le rôle du médecin nutritionniste (ou endocrinologue). Après l'intervention, pratiquement la moitié des patients vont en manquer. Sa synthèse est également dépendante de l'exposition au soleil et de l'apport de calcium.
Traitement: Prendre 2 à 3 laitages par jour,Uvédose ampoules de 100 000 unités: 1 ampoule buvable tous les 15 jours pendant 3 mois ,Calcium: 1gr/j,Exposition au soleil (si possible)

Vitamine B 9 (Folates) Cette carence se manifeste par une anémie (chute de l'hémoglobine) et si elle est intense par des troubles neurologiques. Ces troubles neurologiques sont réversibles. Il faut insister sur l'apport de cette vitamine en cas de grossesse. Les besoins sont alors décuplés ce qui rend le suivi indispensable.
Traitement: apports de légumes verts (salades), d'oeufs (jaune) et de foie, Elevit (cp) ou Speciafoldine 0,4 (1 cp par jour) NB: En cas de grossesse, la supplémentation est indispensable un mois avant et deux mois après la conception.

Vitamine B 12 Si cette vitamine est déficitaire, le taux d'hémoglobine chute traduisant la présence d'une anémie. Les troubles neurologique que l'on peut observer sont une perte de la sensibilité qui peut être irréversible. Ces patients ont des diarrhées.
Traitement:Vitamine B 12 Aguettant: 1 ampoule ( à 1000 mcg/2ml ) buvable par jour pendant 15 j ou 1 injection par mois (IM par IDE ) à adapter en fonction du déficit.Consommation de viande (foie) et de poisson

Vitamine A Cette carence est rare après by-pass (autour de 8% des patients). Elle se traduit par une atteinte de la vue et de la peau. L'acuité visuelle diminue en particulier la vision nocturne. La peau et les ongles ainsi que la croissance sont touchées par un déficit en vitamine A. De plus les patients carencés sont plus sensibles aux infections par une diminution des défenses immunitaires. La supplémentation orale corrige rapidement cette carence . La prescription d'extraits pancréatiques (Créon, Eurobiol, ...) permet d'améliorer l'absorption de cette vitamine et le confort digestif.
Traitement: Vitamine A (Capsules "A 313": 1 capsule tous les 10 jours pendant 3 mois), Consommation d'huile de poisson, de foie et de carotte

Les minéraux

Fer Le fer est nécessaire à la fabrication de l'hémoglobine. Sans lui, il y a une baisse de la production des globules rouges et une anémie. L'anémie se traduit par une pâleur du visage, et une fatigue importante. Le transport de l'oxygène se faisant mal, le patient est essoufflé. Le by-pass entraîne souvent une inappétence ou un dégoût pour la viande rouge et une diminution de l'absorption duodénale. La vitamine C favorise l'absorption du fer.

Traitement: En cas de déficit modéré: Consommation de viande rouge ,Tardyferon: 1 cp par jour pendant 3 mois, association de compléments post chirurgie bariatrique en sachets: Surgiline 1/j pendant 1 mois. En cas de déficit sévère, résistant au traitement par voie orale: (dans ce cas il faudra contrôler la numération, formule sanguine toutes les semaines pendant la durée du traitement), EPREX (sc) 600 ui/kg 1 fois par semaine pendant 3 semaines, FERINJECT (iv) 1000 mg en 1 injection de 15 min (si patient de plus de 66 kg) ou une injection de 500mg a renouveler une semaine après si patient de moins de 66 kg., SPECIAFOLDINE (supplémentation en folates) 3 comprimés (à 5 mg) par jour

Zinc et sélénium Une carence en zinc et en sélénium se manifeste par une perte de cheveux modérée et transitoire. Elle peut se manifester également par des problèmes de peau et de cicatrisation. Le zinc est présent dans la viande et dans beaucoup de fromages ainsi que dans les céréales complètes. Le sélénium se trouve dans les rognons et le poisson (thon).

Traitement: Le sélégerme de Gerblé est utile pour corriger les carences en sélénium (ce produit apporte en plus de la vitamine E a fort pouvoir antioxydant). Le rubozinc (15 mg) peut être administré à raison de 1 par jour.


En savoir plus sur les avantages et les inconvénients des différentes techniques chirurgicales :

Société française et francophone de chirurgie de l’obésité (SOFFCO)
29, rue Antoine-Péricaud 69008 LYON
Tél. : 04 78 00 45 87
Courriel : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
www.soffco.fr

Les associations de patients :

Collectif national des associations d’obèses (Cnao)
38, rue des Blancs-Manteaux 75004 PARIS
Tél. : 01 42 71 17 57
Courriel : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
www.cnao.fr

Allegro Fortissimo
Maison des associations du 14e arrondissement – Boîte n°13
22, rue Deparcieux 75014 PARIS
Tél. : 01 45 53 98 36
Courriel : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
www.allegrofortissimo.com


D’autres informations :

Des conseils pour manger mieux et bouger plus
www.mangerbouger.fr (Programme national nutrition santé)

Le remboursement des soins
www.ameli.fr (Assurance maladie en ligne)

Le site Internet de la HAS www.has-sante.fr
Vous y trouverez des informations et des outils complémentaires
SOFFCOMM
www.afero.asso.fr/pages/recommandation.html
http://www.ifso.com/index.aspx